19 MARS 2025

Aéroports de Paris (ADP) – Taxis

Projet de Charte Qualité Taxis, attention à la boîte de pandore !


Photo CFTC TAXIS DR

D’après nos informations, dans le cadre de la réorganisation des accès taxis à l’aéroport d’Orly, ADP envisage la mise en place d’une Charte Qualité introduisant une distinction entre deux catégories de taxis, sur la base de critères définis par l’exploitant aéroportuaire.

Deux catégories seraient ainsi créées :

  • Les taxis “qualifiés”, autorisés à déposer directement devant les terminaux ;
  • Les taxis “non-qualifiés”, contraints de déposer leurs clients dans une zone éloignée.

Les critères envisagés incluraient notamment : la capacité PMR, l’accueil de 4 passagers ou plus, l’acceptation systématique des paiements par carte bancaire, la prise en charge de bagages volumineux et des engagements de qualité de service.


Pour rappel : L’obligation pour les taxis d’accepter le paiement par carte bancaire en France est prévue par L’article L3121-11-2 du Code des transports, et l’un des seuls cas où un taxi parisien peut légalement refuser une course est clairement défini dans la réglementation : lorsque les bagages présentent un danger ou un risque de détériorer le véhicule.

Ne serait-il pas plus pertinent de veiller à l’application stricte de la loi plutôt que d’en créer de nouvelles variantes  ou de redéfinir les modalités d’application à travers une charte ?


Mais surtout : Comment un client prenant un taxi pour l’aéroport pourrait-il distinguer ces différentes catégories de taxis ? Et pour quelle raison un passager, qui paie le même prix, se verrait-il déposé plus loin de son terminal ?


Rappel des principes fondamentaux :

L’Autorisation de Stationnement (ADS), délivrée par la Préfecture de Police de Paris, garantit à tous les taxis parisiens un droit égal d’accès aux stations et infrastructures publiques, sans distinction de gabarit de véhicule ou de services optionnels autres que prévus par la loi et la réglementation.

Tant que l’intérêt général ne fait pas consensus entre ADP , les représentants de la profession et les usagers, créer des catégories de taxis au sein même de l’aéroport violerait ce principe d’égalité et ouvrirait la porte à une concurrence déloyale au sein de la profession.

ADP, dont l’État est actionnaire de référence, doit veiller à respecter ces principes fondamentaux plutôt que d’instaurer un système qui pourrait être discriminatoire.

L’avis de la CFTC TAXIS :
L’accompagnement de la profession vers une amélioration continue de la qualité de service est légitime et nécéssaire, mais il ne peut se faire au détriment de l’intérêt des chauffeurs et des usagers.


CFTC TAXIS